poète-photographe au coeur de lion · Saintes · Nouvelle Aquitaine
Auteur : Wolfgang Autexier
Wolfgang Autexier : photographe à Saintes en Charente-Maritime. Animateur de formations photo, workshop et conférencier. Photographe animalier, photographe de paysage, photographe d'architecture et photographe portraitiste.
Ce jeudi 28 mai 2026, j’ai eu le plaisir d’être invité dans l’émission « Balade accompagnée » sur Ici La Rochelle / France Bleu pour parler de mon travail autour des crues de la Charente à Saintes, et en particulier de la photographie « Inondation Triomphante », récemment récompensée par trois Premier Prix aux London Photography Awards.
Inondation Triomphante · Arc de triomphe romain de Saintes · inondation de Février 2026 · par Wolfgang Autexier
Au micro de Chloé Bidet, nous sommes revenus sur le contexte des inondations de Février 2026, vécues de l’intérieur en tant qu’habitant d’une zone inondable, sur la façon dont cette expérience s’est transformée en série photographique, et sur la place centrale que prennent désormais les enjeux climatiques dans mon travail d’auteur.
la naissance d’« Inondation Triomphante », cette vue de Saintes comme une île de pierre entourée d’eau et de brume,
la série plus large consacrée aux inondations à Saintes,
le lien entre crues de la Charente, montée des eaux sur le littoral et projet global autour de l’eau et du climat,
la question de la poésie dans la représentation de paysages fragilisés,
mon palmarès arrivé au seuil symbolique des 200 distinctions internationales, mais également le premier palmarès de la photographie française.
Je remercie chaleureusement l’équipe d’Ici La Rochelle / Radio France, et en particulier Chloé Bidet, pour cette invitation et pour l’attention portée à ce travail ancré dans notre territoire charentais.
Vous pouvez réécouter l’interview et retrouver la présentation de l’émission directement sur le site d’Ici La Rochelle / Radio France.
Les résultats des Exposure One Awards (One Shot Photo Contest) viennent d’être annoncés. « Immersion Sensorielle » y reçoit une Mention Honorable et se classe à la 4ᵉ place de sa catégorie, au seuil du podium.
Immersion sensorielle · nu en pose longue au drone · océan Atlantique · par Wolfgang Autexier
200 distinctions interantionales : un seuil symbolique
Mais certains seuils dépassent les classements. Cette distinction marque la 200ᵉ reconnaissance internationale de mon travail.
Deux cents. Un nombre qui ne dit pas seulement l’accumulation, mais le temps, l’insistance, la fidélité à une recherche. Depuis le passage des 100 distinctions en mai 2024, le chemin s’est densifié, comme si chaque image venait creuser plus loin la même matière : celle du corps perçu, du sensible, de cette zone trouble où regarder devient déjà éprouver.
« Immersion Sensorielle » s’inscrit pleinement dans cette démarche. L’image explore un état de perception limite, où le corps ne se donne plus comme forme stable mais comme surface de sensations. Cette recherche n’aurait pas été possible sans l’engagement total du modèle, dont l’abnégation et la présence ont permis d’atteindre cette intensité. Je tiens ici à lui exprimer toute ma gratitude.
Il y a, dans cette progression, quelque chose d’une géographie intérieure. Une manière d’habiter l’image plutôt que de la produire.
Numéro 1 français de la photographie
Ce cap des 200 inscrit désormais mon travail dans une position singulière au sein de la scène photographique française. Par ce cumule de distinctions internationales obtenues, il s’y affirme comme le premier palmarès internationale de la photographie française.
Un autre seuil se dessine déjà : celui des 50 Prix. Avec 44 à ce jour, l’horizon se rapproche sans jamais constituer une fin. Car chaque reconnaissance compte moins pour elle-même que pour ce qu’elle prolonge. Ce parcours préfigure une ambition plus vaste.
« Immersion Sensorielle » participe de cet élan, comme une nouvelle chambre d’écho où la photographie devient le lieu d’une expérience du sensible, un espace où les valeurs perçues se révèlent, se déplacent et se partagent.
Les filtres photo transforment l’exposition brute en intention artistique. ND pour allonger les poses, polarisants pour saturer les couleurs et ciels, ou gradués pour équilibrer les hautes lumières – ils donnent le contrôle total sur la lumière, au-delà des réglages classiques. Dans ma pratique, ils sont indispensables pour des paysages fluides et contrastés, comme une extension naturelle de la maîtrise ISO vue précédemment.
Cette approche complète mes vidéos sur la sensibilité et la pose longue : là où l’ISO et la vitesse posent les bases, les filtres affinent l’effet final avec précision et poésie visuelle.
Les types de filtres incontournables
ND (Neutral Density) : Réduisent la lumière sans altérer les couleurs, parfaits pour des poses de 10s à plusieurs minutes sur rivières ou mer agitée.
Polarisant (CPL) : Éliminent reflets et bleus ternes, boostant les verts et contrastes – idéal en plein jour.
Gradués GND : Corrigent les ciels trop clairs face à des premiers plans sombres, pour un histogramme équilibré.
Toujours vissés ou en porte-filtre, quelques fois en support magnétiques, ils demandent un trépied stable et des essais sur place pour calibrer l’exposition manuelle.
Intégration dans ma démarche
Dans mes productions, les filtres ne sont pas accessoires : ils « sculptent » la lumière pour des images uniques, comme dans l’infrarouge où ils compensent les pertes lumineuses. Ils ralentissent le processus, favorisant une composition réfléchie – un fil rouge avec mes tutoriels immersifs qui mêlent technique et regard personnel.
Points clés
Les filtres ND, CPL et gradués maîtrisent lumière et mouvement pour des expositions artistiques. Ils parachèvent le triangle d’exposition dans une production créative et pratique.
Le marché de l’occasion chez Nikon est devenu, pour beaucoup de photographes, la meilleure façon de découvrir ou de redécouvrir la marque sans exploser son budget. Entre reflex légendaires et hybrides plus récents, l’offre est aujourd’hui suffisamment riche pour couvrir tous les besoins, du débutant curieux au professionnel exigeant.
Pourquoi s’intéresser aux boîtiers d’occasion Nikon
Acheter un boîtier Nikon d’occasion, c’est d’abord profiter d’un rapport qualité/prix imbattable. Les boîtiers qui valaient une petite fortune à leur sortie deviennent accessibles tout en offrant encore une qualité d’image largement suffisante pour la plupart des usages.
Nikon a bâti sa réputation sur la robustesse de ses boîtiers, ce qui en fait d’excellents candidats pour une seconde vie.
Le marché de l’occasion est très dynamique, avec des modèles disponibles aussi bien chez les revendeurs spécialisés que sur les plateformes entre particuliers.
On trouve aussi bien des reflex « classiques » que des hybrides de la gamme Z, ce qui permet d’entrer dans l’écosystème Nikon à son rythme.
Reflex ou hybride : deux portes d’entrée dans l’univers Nikon
L’univers Nikon d’occasion se divise aujourd’hui en deux grandes familles : les reflex (F-mount) et les hybrides (Z-mount).
Les reflex d’occasion (comme les séries D7000, D600, D750, D800, D810) restent des outils très capables pour la photo, avec une ergonomie éprouvée et un parc d’objectifs immense.
Les hybrides d’occasion (Z5, Z6, Z7, Z30, etc.) ouvrent l’accès au viseur électronique, à la stabilisation intégrée et à la nouvelle monture Z, tout en restant financièrement plus abordables que le neuf.
Cette cohabitation rend le choix particulièrement intéressant : on peut démarrer à moindre coût en reflex, ou directement entrer dans l’hybride pour préparer l’avenir.
Où acheter son boîtier Nikon d’occasion
Tous les circuits ne se valent pas, et chaque option a ses avantages.
Revendeurs spécialisés photo : ils proposent du matériel testé, révisé et généralement garanti plusieurs mois. C’est l’option la plus rassurante pour un premier achat d’occasion.
Plateformes de petites annonces photo : des sites comme Nikon Passion proposent des annonces encadrées par une communauté de passionnés et de professionnels.
Marketplaces généralistes : on y trouve de tout, du très bon comme du très risqué. Elles demandent davantage de vigilance et de connaissances techniques pour éviter les mauvaises surprises.
Les points clés à vérifier avant d’acheter
Un boîtier d’occasion peut être une excellente affaire… à condition de savoir quoi regarder.
Nombre de déclenchements : il donne une idée de l’usure de l’obturateur, même si ce n’est pas le seul critère à considérer.
État extérieur : chocs, rayures profondes, traces d’humidité ou d’oxydation sont des signaux d’alerte.
Fonctionnement des principaux organes : autofocus, monture, boutons, molettes, trappe de carte, connectiques, écran et viseur doivent être testés avant de conclure.
Historique du matériel : un vendeur capable de fournir facture, accessoires d’origine et détails sur l’usage du boîtier est toujours plus rassurant.
Les avantages spécifiques de l’écosystème Nikon
Entrer dans l’univers Nikon par l’occasion, ce n’est pas seulement acheter un boîtier, c’est aussi accéder à tout un écosystème.
Un parc optique immense, aussi bien en F-mount (reflex) qu’en Z-mount (hybrides), avec une offre d’occasion très fournie.
De nombreux accessoires disponibles : poignées, batteries, télécommandes, flashes, filtres, etc., là encore souvent proposés à prix réduit sur le marché de l’occasion.
Une communauté très active (forums, groupes, sites spécialisés) qui partage retours d’expérience, tests et bons plans sur les différents modèles.
Occasion, reconditionné et produits Nikon certifiés
Il existe plusieurs niveaux de « seconde main », et les différencier permet de mieux choisir.
L’occasion classique : boîtiers vendus tels quels, par des particuliers ou des boutiques, avec un contrôle plus ou moins approfondi selon le canal.
Le reconditionné : matériel inspecté, réparé si nécessaire, parfois remis aux normes par un professionnel, et vendu avec une garantie.
Les produits reconditionnés certifiés par Nikon : certains pays proposent des boîtiers « refurbished » directement validés par Nikon, une option intéressante pour qui cherche une sécurité maximale.
Ce que permet un boîtier d’occasion dans une pratique créative
Un boîtier d’occasion offre souvent une liberté que n’a pas le matériel neuf.
Il permet d’expérimenter sans la pression d’un investissement massif : on ose plus facilement tester de nouveaux genres (portrait, paysage, macro, vidéo…) quand le boîtier n’a pas coûté le prix d’un flagship récent.
Il libère du budget pour investir dans les objectifs, qui ont souvent plus d’impact sur le rendu final que le boîtier lui-même.
Il peut servir de second boîtier, de boîtier « de terrain » ou de boîtier dédié à un usage particulier (noir et blanc, longue pose, vidéo, etc.).
Comment s’intègre cette vidéo à votre parcours Nikon
La vidéo YouTube associée à cet article s’inscrit dans une approche pédagogique : accompagner celles et ceux qui souhaitent entrer dans l’univers Nikon par la porte de l’occasion, avec un regard concret et nuancé sur les choix possibles. En complément de cet article, elle montre des exemples pratiques, des situations réelles et des retours d’expérience qui permettent de mieux se projeter dans l’usage d’un boîtier d’occasion Nikon.
Une silhouette dans l’eau froide, un drone suspendu au‑dessus des vagues, un temps d’exposition qui allonge le mouvement jusqu’à la rêverie : « Immersion sensorielle »est née d’un après midi de novembre 2025, au bord de l’océan. Aujourd’hui, cette image est nominée au People’s Vote Award des Exposure One Awards, et je commence à peine à la partager au‑delà de l’atelier.
Cette nomination n’est pas qu’un trophée de plus dans un palmarès ; elle marque surtout la mise en lumière d’une photographie que je considère comme l’une des plus représentatives de mon travail actuel : un dialogue entre corps, éléments naturels, techniques lentes et point de vue aérien.
Immersion sensorielle · nu en pose longue au drone · océan Atlantique · par Wolfgang Autexier
Genèse d’une image : se laisser engloutir par le paysage
L’idée d’« immersion » m’accompagne depuis longtemps : que se passerait‑il si, au lieu de chercher à dominer le paysage, on acceptait d’entrer en lui, de s’y dissoudre, au moins en partie ? Je voulais un corps presque absorbé par la matière de l’eau, comme pris dans une suspension où le temps se dilate. Le drone s’est imposé comme l’outil idéal : vu d’en haut, le corps n’est plus un sujet qui occupe l’espace, mais une présence qui se laisse porter par lui.
Il a fallu attendre le bon moment : l’automne, ses tonalités atténuées, une mer suffisamment mobile pour créer une texture, mais pas assez violente pour rendre la pose impossible. Ce matin‑là, à proximité du phare de La Coubre, la mer offrait cette alchimie rare : un mélange de houle, de lumière diffuse et de fraîcheur mordante.
Drone, pose longue et 12 °C : un double défi
Techniquement, l’image repose sur deux difficultés qui, ordinairement, se contredisent : la pose longue et le vol de drone.
La pose longue demande stabilité, patience, micro‑ajustements.
Le vol de drone introduit vibration, imprévu, rafales de vent.
Pour ne pas sacrifier l’un à l’autre, j’ai travaillé par étapes :
Premiers essais avec modèle, sans pose longue : comprendre comment le corps respire dans l’eau, comment la silhouette se détache vue du ciel, quelles attitudes restent lisibles.
Séances de tests en pose longue, sans modèle : trouver le temps d’exposition qui dessine l’eau sans effacer complètement sa matière, apprivoiser les secousses de la brise marine, ajuster la hauteur de vol.
Rencontre des deux : modèle + pose longue + mer d’automne, dans cette zone de fragilité où l’image peut naître… ou disparaître.
C’est dans cette troisième phase qu’« Immersion sensorielle » a vu le jour. Le rush final condense une longue préparation, la maîtrise des tremblements, les essais, les corrections, pour ne garder que ce moment où la mer semble devenir velours et où le corps s’abandonne à sa surface.
Le courage de la modèle
Derrière cette image, il y a surtout un corps réel dans une eau elle aussi bine réelle : à 12 °C. Rester immobile dans une mer froide, reprendre sa respiration entre les prises, retourner se placer, recommencer : cette photographie n’existe que grâce au courage, à l’abnégation et à la confiance de la modèle, qui a accepté de se prêter au jeu dans ces conditions.
On oublie souvent, face à une image lisse et silencieuse, ce qu’elle suppose de préparation, de fatigue, de frisson. Si cette nomination a un sens pour moi, c’est aussi parce qu’elle vient reconnaître une collaboration, une expérience vécue à deux : un photographe dans le vent, une modèle dans l’eau, et un projet commun à faire émerger.
Une étape symbolique dans un parcours au long cours
Sur le plan du palmarès, ce People’s Vote Award s’inscrit dans une trajectoire plus large. Depuis 2022, mon travail a reçu près de 200 distinctions internationales, dont plusieurs dizaines de prix. Avec « Inner Peace between Heaven and Earth« , « Inondation Triomphante » et quelques autres, « Immersion sensorielle » vient enrichir une constellation d’images qui explorent, chacune à leur manière, la relation entre le corps, la lumière et le paysage.
Si cette nomination se transformait en prix, elle deviendrait une nouvelle étape vers un objectif que je m’étais fixé pour 2026 : franchir durablement le cap des 200 distinctions et continuer à développer une œuvre cohérente, exigeante et lisible au‑delà des frontières.
Comment soutenir « Immersion sensorielle »
Si cette photographie vous parle, si vous y reconnaissez quelque chose de votre propre rapport à la mer, au corps, à la lenteur, vous pouvez la soutenir de façon très simple :
en visitant la page de vote des Exposure One Awards ;
en déposant un vote pour « Immersion sensorielle » (souvent un vote par jour est possible sur la durée du concours) ;
en partageant éventuellement le lien à votre entourage sensible à la photographie.
Chaque vote, chaque partage, dessine un prolongement de l’image au‑delà de ma propre trajectoire. Merci d’avance pour votre temps, votre regard et votre soutien.
Il arrive que les fleuves se répondent. En février, la Charente déborde, envahit ses propres berges et transforme Saintes en théâtre d’eau et de lumière. Quelques semaines plus tard, c’est à Londres, sur les rives de la Tamise, qu’un jury international consacre ce débordement sous forme d’images. Deux photographies à elles seules y récoltent sept Premiers Prix (Gold) : une crue architecturale, « Inondation Triomphante« , et une crue intérieure, « Inner Peace between Heaven and Earth« .
Ce n’est pas seulement un record personnel – sept prix, tous d’or – c’est un basculement symbolique : le moment où une œuvre déjà largement reconnue rencontre une œuvre nouvelle, encore portée par la fraîcheur de l’événement, pour former un diptyque de lumière.
Inondation Triomphante : la ville, le fleuve et la mémoire
« Inondation Triomphante » est née en Février 2026, au plus fort de la crue de la Charente. La ville de Saintes y apparaît comme un archipel de pierres, de toits et de remparts, cerné par l’eau qui déborde. Les façades blanches, habituées à regarder le fleuve de haut, se découvrent soudain vulnérables. Au loin, le paysage se dissout dans un dégradé de perspective. La lumière ne vient plus d’un ciel abstrait : elle semble monter de l’eau elle-même, comme si la Charente, gonflée de pluie et d’histoire, venait réclamer son droit à la scène.
L’image, en noir et blanc, dramatise cette tension : l’architecture y devient presque minérale, taillée dans un bloc de mémoire, tandis que l’eau glisse, recouvre, efface partiellement. Il y a quelque chose du palimpseste : sur la page de la ville, la crue vient écrire une phrase nouvelle sans effacer les anciennes. La photographie s’enracine dans cette phrase provisoire.
Inondation Triomphante · Arc de triomphe romain de Saintes · inondation de Février 2026 · par Wolfgang Autexier
Présentée pour la première fois au public à Londres, Inondation Triomphante obtient trois Premiers Prix (Gold) :
et en Black & White – Architecture. [voir sur LPA]
Trois angles, trois lectures, pour une même vision : celle d’une ville en équilibre, prise entre la pierre et l’eau, entre le poids des siècles et la fragilité du climat. Pour une œuvre encore jeune, née d’un événement aussi récent que la crue de février, cette triple consécration tient de l’évidence : la métaphore architecturale fonctionne, et les jurys l’entendent.
Inner Peace between Heaven and Earth : la nudité spirituelle, encore et toujours
Face à cette nouveauté, « Inner Peace between Heaven and Earth » joue le rôle d’astre ancien. Depuis bientôt dix ans, cette œuvre chemine de concours en concours, de catalogue en catalogue, comme une comète qui ne cesse de repasser au-dessus des jurys sans perdre sa lumière.
inner peace between heaven and earth · 34 fois récompensée pour son caractère poétique et spirituel
L’image est simple en apparence : un corps nu au cœur d’une architecture sacrée, baigné d’une lumière qui semble descendre autant du ciel que des pierres elles-même. L’horizontale du sol et la verticale des colonnes se croisent dans un silence presque liturgique. La nudité n’a rien d’exhibée ; elle est dépouillement, au sens spirituel, biblique, du terme : l’abandon volontaire de ce qui encombre, pour laisser résonner le corps comme un instrument de paix.
Il y a, dans cette photographie, une manière très particulière d’habiter l’espace sacré. Le modèle ne domine pas le lieu, ne le consomme pas : il s’y recueille. La lumière, très douce, caresse plus qu’elle ne découpe. On pourrait presque parler d’une nudité innocente au sens où l’entend Bachelard : une intimité verticale où le corps, le lieu et la lumière se répondent dans une même rêverie.
Cette nudité recueillie s’inscrit, en profondeur, dans la longue mémoire de l’art chrétien. De la scolastique médiévale aux fresques de la Renaissance, de Bernard de Clairvaux à Thomas d’Aquin, le corps n’y est jamais seulement un objet de regard, mais le lieu d’un mystère : chair vulnérable traversée par la grâce, temple fragile où l’âme apprend à se tenir « entre ciel et terre ». Des voûtes peintes de la chapelle Sixtine à cette « nef photographique », une même intuition persiste : la beauté du nu est ici langage – une manière de dire, dans la lumière, le désir d’élévation.
Aux London Photography Awards, cette œuvre déjà largement distinguée par ailleurs reçoit quatre nouveaux Premiers Prix (Gold) :
Cette quadruple couronne londonienne est loin d’être un simple doublon. Dans des compétitions précédentes, « Inner Peace between Heaven and Earth » avait déjà conquis deux Seconds Prix en catégorie religieuse. Le trophée d’or remportée ici, dans cette même catégorie, vient confirmer ce que beaucoup de jurys avaient déjà pressenti : la valeur profondément spirituelle de l’œuvre. Qu’une nudité soit à ce point reconnue comme œuvre religieuse n’est pas un détail ; c’est une prise de position esthétique et symbolique au cœur même de la photographie contemporaine.
Avec ces nouveaux lauriers, « Inner Peace between Heaven and Earth » atteint désormais 34 distinctions internationales : 4 nominations, 11 mentions honorables et 19 prix, dont une collection impressionnante de 10 Premiers Prix, un Prix Spécial et 2 Prix du Public. Elle s’impose, de facto, comme l’œuvre photographique la plus récompensée de France.
Un palmarès qui prend la forme d’une géographie intérieure
Ces sept Premiers Prix londoniens portent mon palmarès global à 199 distinctions obtenues en compétitions internationales depuis 2022. Près de quarante reconnaissances par an, en moyenne. Parmi elles, 44 prix – dont 18 premiers prix, un prix spécial du jury et un titre de photographe de l’année.
Les chiffres, pris isolément, pourraient n’être qu’une collection de trophées. Mais, pour moi, ils dessinent surtout une géographie intérieure : chaque distinction correspond à un lieu, une lumière, un visage, un matin de brume ou une nuit de poses longues. L’ensemble forme une cartographie poétique où l’on voit se répondre, d’année en année, les mêmes obsessions : la nudité spirituelle, la ville au bord de l’eau, la lumière qui sculpte les architectures, le dialogue du corps avec le paysage.
Il y a aussi, dans cette accumulation, une part de revendication assumée :
plus gros palmarès de Nouvelle-Aquitaine toutes disciplines confondues – sport, littérature, arts,…
premier palmarès français dans l’univers de la photographie d’art,
et, avec Inner Peace between Heaven and Earth, l’œuvre la plus récompensée de France en concours internationaux.
Non pas par vanité, mais parce que ces chiffres racontent une chose simple : depuis la province, depuis une ville moyenne posée sur la Charente, il est possible de bâtir un parcours d’envergure internationale en s’obstinant dans une vision personnelle.
Au début de l’année 2026, le cap était pourtant modeste en apparence : atteindre 200 distinctions et 40 prix avant le 31 décembre 2026. Un “but de guerre” ambitieux qui pouvait sembler hors de portée, presque prétentieux si l’on se replace en 2022, au moment où les premières récompenses sont tombées. À l’époque, l’idée même de viser de tels nombres relevait davantage du rêve que d’un plan.
Aujourd’hui, ce seuil n’est plus une ligne sur l’horizon : il est en train d’être franchi. Les 200 distinctions sont pratiquement atteintes, les 40 prix déjà dépassés, et une nouvelle perspective s’ouvre : celle, inespérée, d’atteindre peut‑être les 50 prix d’ici la fin de l’année. Ce qui, hier encore, semblait déraisonnable devient peu à peu une simple étape sur un chemin plus vaste.
Alors le regard se déplace. L’objectif n’est plus seulement d’occuper une place singulière dans le paysage local, ou le paysage français – ce qui est désormais acquis –, mais de penser plus loin, plus large, autrement : laisser l’œuvre dialoguer avec un échelon plus vaste, européen, international, non plus comme une exception provinciale, mais comme une voix parmi les grandes conversations de la photographie d’art contemporaine.
Pour celles et ceux qui lisent ces lignes, peut‑être au début de leur propre parcours, j’aimerais que ces chiffres ne soient pas reçus comme un tableau d’honneur, mais comme une invitation : on peut partir d’une ville de province, d’un fleuve, d’un clocher, d’un atelier modeste, et, à force de travail, de doute et d’obstination, déplacer peu à peu ce qui, un jour, paraissait inatteignable. Les objectifs ne sont pas des murs ; ce sont des fenêtres qu’on ouvre, l’une après l’autre, sur de nouveaux paysages.
Gratitude, partage et horizon
Ces sept Gold londoniens ne sont pas une fin ; ils sont une étape. Une confirmation que le chemin emprunté – celui d’une photographie à la fois poétique, exigeante et spirituelle – trouve un écho auprès de jurys d’experts, mais aussi auprès du public.
Je tiens à remercier :
les modèles qui acceptent de se laisser traverser par ces projets, parfois au prix du froid, de la fatigue ou de la pudeur ;
les équipes organisatrices et les jurys des London Photography Awards, pour leur regard patient et leur confiance ;
et toutes celles et ceux qui suivent, partagent, commentent, écrivent, viennent voir les images en exposition ou en ligne.
Chaque prix porte un nom – « Inner Peace between Heaven and Earth » , « Inondation Triomphante » – mais derrière ces titres, il y a une communauté de regards. Photographier, c’est d’abord offrir une manière d’habiter le monde ; recevoir un prix, c’est découvrir que cette manière résonne.
À l’horizon, il y a déjà d’autres projets : de nouvelles séries, d’autres compétitions, le seuil symbolique des 200 distinctions qui se profile, et ce travail au long cours pour faire dialoguer, encore et toujours, le corps et l’architecture, la ville et le fleuve, la lumière et la paix intérieure.
Sur la Tamise comme sur la Charente, l’eau continue de passer. Les images, elles, restent un peu plus longtemps.
Le temps de pose longue transforme un paysage statique en scène vivante et poétique : rivières soyeuses, nuages traînants, mer apaisée. C’est la troisième jambe du triangle d’exposition – après la sensibilité et les filtres – qui donne au photographe le pouvoir de sculpter le temps lui-même. Dans ma démarche, cette technique est essentielle pour des images qui respirent et racontent une histoire au-delà du visible.
Elle complète naturellement mes vidéos précédentes : là où les filtres ND allongent l’exposition et l’ISO la stabilise, le temps de pose devient l’outil créatif ultime pour une interprétation personnelle du réel.
Les réglages pour réussir
En pose longue (de 1s à plusieurs minutes), optez pour :
ISO bas (100-200) pour minimiser le bruit.
Petite ouverture (f/8-f/16) pour la profondeur de champ.
Filtres ND obligatoires en plein jour, trépied et télécommande pour la stabilité.
Testez via l’histogramme et le live-view pour anticiper l’effet, en mode Bulb si besoin pour des poses infinies.
Dans ma production créative
Cette technique n’est pas un effet gadget : elle ralentit le regard, invite à composer avec intention, et s’aligne sur mes explorations infrarouges ou filtrées où le temps devient matière artistique. Mes tutoriels montrent le processus terrain, des essais aux rendus finaux, pour inspirer vos propres expérimentations.
À retenir
La pose longue maîtrise mouvement et lumière via ISO bas, filtres et stabilité. Elle élève vos images en art personnel, en phase avec une production technique et sensible.
La vitesse d’obturation détermine si un sujet figé devient fluide ou si le mouvement se fige dans l’instant. Rapide (1/1000s), elle gèle oiseaux ou cascades ; lente (1s+), elle crée des traînées lumineuses ou des eaux soyeuses. Avec l’ISO, les filtres et la pose longue déjà explorés, elle complète le triangle pour une maîtrise totale de l’exposition artistique.
Cette technique s’intègre parfaitement à ma production : des explications terrain qui transforment les réglages techniques en outils d’expression personnelle.
Vitesse rapide vs lente : les applications
Vitesse rapide (1/500s à 1/4000s) : Figer sportifs, animaux, gouttes d’eau. Idéal avec grande ouverture et ISO modéré en plein jour.
Vitesse lente (1/15s à 30s+) : Mouvement fluide (voitures, foule, nuages). Nécessite trépied, filtres ND et ISO bas.
Transition créative : 1/30s-1/8s pour léger flou de bougé, effet « cinéma ».
L’histogramme et le mode priorité vitesse (Tv/S) aident à tester en live.
Dans ma démarche créative
La vitesse n’est pas qu’un chiffre : elle raconte le temps. Comme dans mes vidéos infrarouges ou filtrées, elle permet de choisir entre réalité brute et interprétation poétique – un fil rouge dans mes contenus qui mêlent technique précise et vision sensible.
Points clés
La vitesse contrôle mouvement et lumière : rapide pour figer, lente pour fluide. Avec ISO/filtres/pose longue, elle forge votre signature visuelle.
« Aqua Arena MilkyWay », les Arènes de Saintes : une fierté
Aqua Arena MilkyWay est une fierté de la maison. Cette œuvre photographique met représente les Arènes de Saintes inondées, de nuit, sous la voie lactée, avec tel un phare au loin le clocher de la basilique Saint-Eutrope en fond. C’est une image exclusive : l’unique photo des Arènes de nuit. Elle est pour moi une fierté dans la mesure où elle cumule 19 récompenses en concours internationaux de photographie : dont 6 Nominations, 10 Mentions Honorables et 3 Prix. C’est aujourd’hui ma deuxième œuvre la plus récompensée.
Aqua Arena MilkyWay · les Arènes de Saintes inondées · par Wolfgang Autexier
Youtube : « Aqua Arena MilkyWay » dans « une image, une histoire »
Aujourd’hui, je vous propose de découvrir avec moi comment cette œuvre photographique a été réalisée. En effet, l’astrophotographie est une pratique aux technique atypiques, perçues comme complexes et fastidieuses. Nous reviendrons évidement la dessus pour constater que certaines réalisations peuvent être réalisées un peu plus sobrement que d’autres.
Le projet est amitieux. Je démarre une nouvelle série de vidéo Youtube concernant l’art de l’exposition. L’intention est de dépoussiérer la vision que nous avons de l’exposition en photographie. Fini le triangle d’exposition : place au carré d’exposition. Dans ce premier opus de la série, on aborde le sujet de l’ouverture et du diaphragme. Comme j’aime le faire, je ne me contente pas de vulgariser les aspects purement techniques, j’aborde surtout l’aspect créatif.
J’avoue faire souvent référence à des concept techniques parfois assez matheux, assez abstraits. La notion de tolérance optique en fait partie. Tout récemment, sur Youtube, l’un d’entre vous à soulevé le sujet : qu’es que la tolérance optique ? C’est un excellente question, car la tolérance optique conditionne directement la qualité photographique et la bonne utilisation de beaucoup de boitiers réflexes et hybrides récents. Naturellement cette notion convoque de nombreuses notions techniques qui influent et interagissent les une s avec les autres. Dans cette tout nouvelle vidéo, je réponds à la question, et surtout je vais tante de vulgariser ces notions autant que possible pour mieux les partager.
Qu’est-ce que la « tolérance optique » en photographie ?
La tolérance optique définit la précision minimale requise pour fabriquer une lentille ou un assemblage optique : centration, épaisseur des verres, rayon de courbure, distance aire-espace. Au-delà de ces limites, aberration sphérique, astigmatisme ou distorsion deviennent visibles, dégradant netteté et contraste. Dans ma pratique, comprendre ces contraintes explique pourquoi un 400mm f/4 animalier ou un filtre ND doit être irréprochable.
Après mes vidéos sur l’exposition et le Martin-Pêcheur, ce sujet technique révèle les fondations invisibles de vos images réussies – un complément logique à une production mêlant terrain et expertise optique.
Les principaux paramètres de tolérance
Centration : Alignement optique/ mécanique (< 1 minute d’arc pour haut de gamme)
Épaisseur des verres : ±0,01mm toléré sur objectifs pros
Rayons de surface : ±0,1% pour éviter les aberrations
Aire-espace : ±0,02mm entre éléments (critique pour zoom/tele)
Testés en banc optique (interférométrie, MTF), ces paramètres garantissent que votre bokeh reste crémeux et les détails piquants.
Lien avec ma démarche créative
Dans mes tutoriels (pose longue, animalier), la tolérance optique est la garantie que mes réglages d’exposition produisent des fichiers exploitables. Un 300mm mal centré sabote votre 1/4000s sur Martin-Pêcheur. Ce savoir-faire industriel soutient l’expression artistique, comme l’infrarouge ou les filtres demandent une optique parfaite.
Points clés à retenir
La tolérance optique fixe la précision de fabrication des objectifs (centration ±1′, épaisseur ±0,01mm). Elle conditionne la qualité finale de vos images techniques ou artistiques.
Je suis heureux de partager avec vous deux nouvelles nominations aux Fine Art Photo Awards 2026, obtenues avec un classement particulièrement encourageant dans leurs catégories respectives. Wind Dance se place 5e sur 75 nominés en catégorie nu, tandis que Mystical Comet atteint la 4e place sur 39 nominés en photographie de nuit. Ces résultats interviennent dans un contexte où les deux œuvres cumulent déjà chacune 12 récompenses internationales, confirmant leur dynamisme en compétition.
Wind Dance : tension entre netteté et évocation
la danse du vent · cumule 12 récompenses internationales · par Wolfgang Autexier
Wind Dance (la danse du vent) appartient à un projet réalisé sous storyboard, où une danseuse est mise en scène au cœur d’une dune, en pleine nature. L’utilisation d’une bonnette fendue y est déterminante : elle confine la netteté à une bande centrale verticale, dissolvant le reste de l’image dans une texture floue et aérienne.
Cette technique crée une tension fascinante entre précision graphique et dilution environnementale, où le mouvement semble naître du contraste lui-même. On ne voit pas seulement un corps ; on perçoit un souffle qui traverse la matière, une danse qui échappe aux contours fixes. C’est cette ambivalence — entre construction technique et liberté organique — qui semble porter l’œuvre de jury en jury, avec une trajectoire ascendante rappelant celle de Inner Peace between Heaven and Earth.
la Comète mystique · comète Tsuchinshan-Atlas & Basilique Saint-Eutrope · par Wolfgang Autexier
Mystical Comet collectionne ici sa 12e distinction, dont trois prix majeurs : 1er aux BIFA Awards, 3e aux Epson Pano Awards et médaille de bronze aux Px3 – Prix de la Photographie de Paris en catégorie spéciale nuit.
L’image capture la comète Tsuchinshan-Atlas (C/2023-A3) au-dessus de la Basilique Saint-Eutrope à Saintes, dans une brume charentaise qui confère à la scène un voile mystique et presque irréel. Réalisée en octobre 2024 sous des conditions atmosphériques défavorables — humidité extrême, brouillard persistant —, elle s’inscrit dans ma spécialité des paysages astronomiques urbains, succédant à Aqua Arena Milky Way (19 récompenses internationales).
Au-delà du défi technique (ciel clair mais basse brumeuse), l’œuvre transcende l’astronomie paysagère classique pour proposer un récit : une comète ignorée des observateurs, transformée en lanterne d’espoir au cœur d’un paysage patrimonial. Cette originalité — l’urbain confronté au cosmique — séduit les jurys et enrichit le palmarès local de Saintes.
Ces nominations ne sont pas isolées : elles s’ajoutent à un palmarès personnel de 192 récompenses internationales en cinq ans, dont 37 majeures, plaçant mon travail au sommet des trajectoires saintaises toutes disciplines confondues. Elles soulignent surtout la vitalité de ces deux images, promises à un avenir brillant. Rendez-vous dans les prochaines compétitions pour voir si Wind Dance franchit le cap des prix proprement dits, et si Mystical Comet continue d’accumuler les distinctions majeures.
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