Immersion sensorielle : une nomination et un appel au vote

Une silhouette dans l’eau froide, un drone suspendu au‑dessus des vagues, un temps d’exposition qui allonge le mouvement jusqu’à la rêverie : « Immersion sensorielle » est née d’un après midi de novembre 2025, au bord de l’océan. Aujourd’hui, cette image est nominée au People’s Vote Award des Exposure One Awards, et je commence à peine à la partager au‑delà de l’atelier.

Cette nomination n’est pas qu’un trophée de plus dans un palmarès ; elle marque surtout la mise en lumière d’une photographie que je considère comme l’une des plus représentatives de mon travail actuel : un dialogue entre corps, éléments naturels, techniques lentes et point de vue aérien.

Immersion sensorielle · nu en pose longue au drone · océan Atlantique · par Wolfgang Autexier
Immersion sensorielle · nu en pose longue au drone · océan Atlantique · par Wolfgang Autexier

Genèse d’une image : se laisser engloutir par le paysage

L’idée d’« immersion » m’accompagne depuis longtemps : que se passerait‑il si, au lieu de chercher à dominer le paysage, on acceptait d’entrer en lui, de s’y dissoudre, au moins en partie ? Je voulais un corps presque absorbé par la matière de l’eau, comme pris dans une suspension où le temps se dilate. Le drone s’est imposé comme l’outil idéal : vu d’en haut, le corps n’est plus un sujet qui occupe l’espace, mais une présence qui se laisse porter par lui.

Il a fallu attendre le bon moment : l’automne, ses tonalités atténuées, une mer suffisamment mobile pour créer une texture, mais pas assez violente pour rendre la pose impossible. Ce matin‑là, à proximité du phare de La Coubre, la mer offrait cette alchimie rare : un mélange de houle, de lumière diffuse et de fraîcheur mordante.

Drone, pose longue et 12 °C : un double défi

Techniquement, l’image repose sur deux difficultés qui, ordinairement, se contredisent : la pose longue et le vol de drone.

  • La pose longue demande stabilité, patience, micro‑ajustements.
  • Le vol de drone introduit vibration, imprévu, rafales de vent.

Pour ne pas sacrifier l’un à l’autre, j’ai travaillé par étapes :

  1. Premiers essais avec modèle, sans pose longue : comprendre comment le corps respire dans l’eau, comment la silhouette se détache vue du ciel, quelles attitudes restent lisibles.
  2. Séances de tests en pose longue, sans modèle : trouver le temps d’exposition qui dessine l’eau sans effacer complètement sa matière, apprivoiser les secousses de la brise marine, ajuster la hauteur de vol.
  3. Rencontre des deux : modèle + pose longue + mer d’automne, dans cette zone de fragilité où l’image peut naître… ou disparaître.

C’est dans cette troisième phase qu’« Immersion sensorielle » a vu le jour. Le rush final condense une longue préparation, la maîtrise des tremblements, les essais, les corrections, pour ne garder que ce moment où la mer semble devenir velours et où le corps s’abandonne à sa surface.

Le courage de la modèle

Derrière cette image, il y a surtout un corps réel dans une eau elle aussi bine réelle : à 12 °C. Rester immobile dans une mer froide, reprendre sa respiration entre les prises, retourner se placer, recommencer : cette photographie n’existe que grâce au courage, à l’abnégation et à la confiance de la modèle, qui a accepté de se prêter au jeu dans ces conditions.

On oublie souvent, face à une image lisse et silencieuse, ce qu’elle suppose de préparation, de fatigue, de frisson. Si cette nomination a un sens pour moi, c’est aussi parce qu’elle vient reconnaître une collaboration, une expérience vécue à deux : un photographe dans le vent, une modèle dans l’eau, et un projet commun à faire émerger.

Une étape symbolique dans un parcours au long cours

Sur le plan du palmarès, ce People’s Vote Award s’inscrit dans une trajectoire plus large. Depuis 2022, mon travail a reçu près de 200 distinctions internationales, dont plusieurs dizaines de prix. Avec « Inner Peace between Heaven and Earth« , « Inondation Triomphante » et quelques autres, « Immersion sensorielle » vient enrichir une constellation d’images qui explorent, chacune à leur manière, la relation entre le corps, la lumière et le paysage.

Si cette nomination se transformait en prix, elle deviendrait une nouvelle étape vers un objectif que je m’étais fixé pour 2026 : franchir durablement le cap des 200 distinctions et continuer à développer une œuvre cohérente, exigeante et lisible au‑delà des frontières.

Comment soutenir « Immersion sensorielle »

Si cette photographie vous parle, si vous y reconnaissez quelque chose de votre propre rapport à la mer, au corps, à la lenteur, vous pouvez la soutenir de façon très simple :

  • en visitant la page de vote des Exposure One Awards ;
  • en déposant un vote pour « Immersion sensorielle » (souvent un vote par jour est possible sur la durée du concours) ;
  • en partageant éventuellement le lien à votre entourage sensible à la photographie.

Chaque vote, chaque partage, dessine un prolongement de l’image au‑delà de ma propre trajectoire. Merci d’avance pour votre temps, votre regard et votre soutien.