Les champions du monde et nationaux de la ville de Saintes

Une fois n’est pas coutume, je vais ici sur mon media d’expression, donner de l’espace à mes confrères. Des confrères non pas photographes, mais champions du monde et nationaux saintais ou d’origine saintaise de toutes disciplines. En effet, la récente victoire olympique de Joris Daudet m’a amené à m’intéresser de près à ces confrères eux aussi récompensés au plus haut niveau dans leur domaines. Saintes est une petite ville, nous sommes pourtant assez nombreux à avoir touché au moins une fois les sommets dans nos domaines des spécialités respectifs. Il demeurera une limite à cette liste de champions nationaux et internationaux : certains sont né à Saintes et ont vite quitté la ville, ou encore d’autres sont des saintais adoptifs quelques fois resté peu de temps. Ici, je les considérerais tous comme confrères et saintais.

Des ambassadeurs mal valorisés : une ville mal valorisée

Nous sommes une grosse dizaine de lauréats internationaux saintais dans trois grands domaines : sports, arts plastiques et arts lyriques. Nous cumulons collectivement un peu mois de 200 récompenses internationales (nominations, mentions honorables, prix et grands prix) : c’est assez considérable. Mais qui a dit que Saintes est une « belle endormie » ? Certains ici ne dorment jamais semble t’il ? Saintes compte également 5 champions nationaux. Ce qui fait une vingtaine de personnes ayant eu l’opportunité de représenter et de promouvoir la ville au plus haut niveau au moins une fois dans leurs vies.

Travailler en open sources présente ses limites. Etant donné la discrétion de certains, le peu de valorisation qui est faite localement de nos champions, il est possible que cette liste ne soit pas exhaustive. C’est même souhaitable ! Es que cela ne serait pas plus beau de découvrir que nous sommes finalement 25 ou 30, avec près de 250 ou 300 récompenses cumulées ? A suivre.

Les 5 champions nationaux de Saintes

  • Top 14 · Patrick Friou : sacré une foi champion de France de cyclisme sur route
  • Top 13 · Madeleine Chapsal : écrivaine bien connue ici, elle a reporté un prix littéraire national : beaucoup mise en avant localement elle est pourtant loin derrière les lieders de ce classement
  • Top 12 · Jean-Pierre Blanchard : artiste peintre, un temps très en vue en ville, s’est brouillé avec l’autorité municipal et le grand public puis a quitté : il a reçu le Grand Prix Humanitaire pour son œuvre picturale.
  • Top 11 · Barbara Gourdet : athlète 3 fois médaillée lors de compétions nationales
  • Top 10 · Christophe Beauregard : photographe jamais primé, mais 7 fois sélectionné pour des résidences d’artistes

Les 11 champions internationaux de la ville Saintes

  • Top 9 · Trois anonymes : en 2018 3 jeunes femmes saintaises participent à un championnat mondial de hockey subaquatique en Australie avec l’équipe de France : mais nous ne valorisons que si peu nos héros saintais qu’aucune recherche documentaire ne m’a permis de retrouver l’identité des ces trois championnes. Un vrai scandale !
  • Top 8 · Jean-Pierre Sallat : Double compétence rare, il fut à la fois footballeur et golfeur de haut niveau. Il remporte un tournoi européen de golf.
  • Top 7 · François Brisson : Vous l’ignoriez probablement, Saintes compte un footballeur de haut niveau, ayant joué sous le maillot du PSG et champion olympique avec l’équipe de France.
  • Top 6 · Gaëlle Arquez : Chanteuse lyrique, elle fait partie des très rares réussites du Conservatoire de musique de Saintes. Elle a reçu 2 prix internationaux de musique au cours de son parcours.
  • Top 5 · Dominique Rocheteau : Encore un footballeur ! Il s’est illustré par un parcours en coupe de France ainsi qu’en équipe de France. Il remporte 3 titres internationaux, et est deux fois champion de France.
  • Top 4 · Jean Robert, dit Ipoustéguy : Originaire de la Meuse, il séjourne brièvement à Saintes : il fut artiste sculpteur 4 fois récompensé par des titres internationaux.
  • Top 3 · Coraline Bergeron : Le saviez-vous ? Sainte compte également une championne handisport ? Championne de France de para-badminton, elle cumule 10 titres internationaux et 4 titres en tournois nationaux.
  • Top 2 · Joris Daudet : Sportif professionnel de haut niveau, c’est un spécialiste du BMX formé dans un club angérien. En 2009, il a rejoint le Stade Bordelais pour la poursuite de son parcours professionnel, avant de rejoindre les USA en 2013. Il ne sera resté saintais que durant son enfance. Il cumule une quinzaine de titres internationaux en BMX, ainsi que 4 titres européens.
  • Top 1 · Wolfgang Autexier : je suis l’autodidacte de la bande, saintais depuis 1989, photographe passionné à Saintes depuis plus de 15 ans, je suis bon dernier de la liste avec 117 de titres internationaux de photographie dont 15 récompenses de premier plan, ainsi qu’une demie douzaine de participation à des salons internationaux d’art.

Des disparités patentes : et un échec

Vous l’aurez remarqué, qu’une bonne dizaine de ces champions sont sportifs. Le cinéma n’est pas représenté, par ailleurs la musique, la peinture et la littérature sont peu représentées. Si on m’exclue de la liste, d’une manière générale c’est la culture qui semble le parent pauvre de l’affaire, là où le football représente seul un quart de ce palmarès. Je découvre ainsi que Saintes serait en définitive une grande ville de football… et non pas de la musique ancienne.

Il y a matière à s’interroger sur la politique culturelle de la ville, qui de toute évidence ne permet pas l’émergence de talents dynamiques à la hauteur de ce qui peut être espéré pour Saintes. Et pourtant la ville englouti des fonds considérables dans la musique et la musiques ancienne en particulier, ainsi que la politique patrimonial et muséale, ou encore les cultures urbaines. Il semble que rien ne ressorte de cette politique, ou tout au moins pas de parcours exemplaires ou de réussites de haut niveau portant l’image de la ville. Cela signe un échec patent de la politique culturelle à Saintes.

Il conviendra ici d’éviter un biais à mon sujet et sur ce que peut représenter et signifier mon parcours. En première lecture, avec mes 117 récompense internationales en photographie qui représentent les trois quarts des récompenses internationales des champions saintais, je pourrais incarner seul la réussite de la politique culturelle de la ville. Il n’en est absolument rien ! Et cela doit rester claire et évident dans les esprits. En effet, je suis autodidacte et indépendant : je ne dois donc rien aux écoles et aux associations, ni d’ici ni d’ailleurs. Dans mon parcours individuel, je n’ai jamais été soutenus par les collectivités du territoire, ni par les associations. Il faut même rappeler que la municipalité avait tenté de faire échouer ma toute première exposition en 2013. Par conséquent, jamais la politique culturelle de la ville n’est pas à l’origine de ma réussite, ni de près ni de loin.

Je constate par ailleurs que Saintes a des difficultés à conserver ses talents à la maison puisque sur la vingtaine beaucoup ont très vite quitté le territoire pour ne jamais y revenir. Que dire alors de l’attractivité de la ville ?

Combiens des ces champions connaissiez vous avant la lecture de cet article ? Je me hasard à un pronostic : vous en connaissiez trois, et pour quelques-uns quatre. Que faut t’il retenir de cela ? A Saintes, nous ne valorisons presque pas la réussite, et en particulier s’il s’agit de l’univers culturel et de personnalités qui ne sont pas liées à l’exécutif local.

Es bien là la marque de territoire ? « Le bonheur est si Saintes » ? « Le bonheur est si Saintes » qui doit incarner la marque de territoire est un slogan de communiquant politique : une simple esbrouffe verbale bien creuse. Les vrais ambassadeurs du territoires sont ceux qui ont été reconnus au plus haut niveau au travers de grandes compétions et de jury d’experts, ceux qui forts de cette reconnaissance portent loin l’image du territoire saintongeais et de la France. La vraie marque de territoire : ces sont les vingt champions de Saintes, les mêmes vingt qui ne sont que bien rarement valorisés, et pourtant s’est sur eux que repose la véritable marque de territoire, non partisane, non politisée et universelle : celle que le public peut réellement s’approprier.

La photographie : une discipline essentielle très mal valorisée, ici et au-delà

Tous, absolument tous, à tous âges, en, tous métiers et en tous milieux, nous consommons et produisons des quantités considérables d’images photo comme vidéo. C’est un média, moyen de communication, de transmission, de partage, de mémoire et d’expression essentiel. Les gens consomment bien plus d’images qu’ils ne lisent de textes journalistiques ou littéraires. Ce qui me fait dire que l’apprentissage de l’image est plus essentiel que l’apprentissage de la lecture et du français.

Il ne vous aura sans doute pas échappé que la culture de l’image n’existe quasiment pas dans le tronc commun éducatif. On apprend des langues étrangères à la maternelle, on étudie le latin au collège, la philosophie au lycée… mais jamais l’image. Le média le plus essentiel à la vie quotidienne est exclu de l’éducation. Pas un cours de lecture et d’analyse d’image, notion pourtant élémentaire et savoir faire absolument incontournable pour tout consommateur d’image : donc à tous. C’est une carence grave qui porte préjudice à toute la société, mais également à la culture ainsi qu’à l’épanouissement de l’art photographique en France. C’est également un enjeu de démocratie.

Vous aurez probablement constaté que les sportifs sont très largement accompagnés par des fédérations solides et des sponsors qui le sont tout autant. Par ailleurs nombre de sportifs sont sous contrat avec l’état ou les armées. Dans le domaine culturel et photographique en partculier, y a-t-il une fédération solide pour porter des champions ?  Y a t’il des sponsors solides ? Y a t’il des artistes sous contrat avec la défense ou les ministères ? Et bien non, rien de tout cela.

En ce qui concerne la photographie, les fédérations professionnelles comme amateurs n’ont absolument pas la structure pour porter une action culturelle de fond : ils ne sont pas à la hauteur des enjeux. Les associations locales, les clubs sont tout autant dépassés : notamment du fait de leur manque de moyens, de soutient et des compétences nécessaires. Il manque ici une politique volontariste d’état à l’instar de ce qui se fait dans le sport. Il appartient à chacun de s’emparer de ce sujet pour faire bouger les lignes.

A quant la journée national de la photographie ? La fête de la photographie ?