Trois photographies réalisées au drone à Saintes viennent de recevoir un trophée d’argent et deux trophées de bronze aux Epson Pano Awards 2026. Trois regards sur un territoire familier, entre vie animale, rêverie matinale et lumière sur le patrimoine.
Il faut parfois prendre de la hauteur pour découvrir combien un lieu nous est proche.
Depuis le ciel, la ville se défait un instant de ses usages. Les rues ne conduisent plus quelque part ; elles dessinent. Le fleuve ne sépare plus les rives ; il rassemble le paysage autour de ses courbes. Et dans cette étendue que l’on pourrait croire livrée à la seule distance, un détail suffit parfois à nous ramener vers l’intime : un petit cygne réfugié dans les plumes de sa mère.
Pour les Epson Pano Awards 2026, j’avais choisi de présenter trois photographies réalisées au drone à Saintes. Toutes trois concouraient dans la catégorie photographie aérienne, en division amateur. Toutes trois viennent d’être récompensées.
« Whispers on Black Water » reçoit un trophée d’argent, avec une note de 80/100. « Sea of Clouds » et « Historic District » obtiennent chacune un trophée de bronze, avec toute deux une note de 76/100.
Ces résultats réunissent des œuvres aux parcours différents. Mais derrière les distinctions se poursuit une même recherche : découvrir, dans les lieux et les êtres qui nous entourent, ce que l’habitude ne nous laisse plus toujours apercevoir.

Whispers on Black Water : un refuge dans les plumes
Une famille de cygnes, vue du ciel.
Le sujet appartient à la continuité de mon travail animalier. Il fait notamment écho à « Naval Line« , une autre photographie de cygnes, récompensée d’un trophée d’or en photographie aérienne et d’un trophée d’argent en photographie animalière aux reFocus Awards 2024. [refocus-awards]
Dans « Whispers on Black Water« , mon regard revient vers un détail : le petit cygne abrité dans les plumes de son père.
À l’échelle du paysage, ce pourrait n’être presque rien. Un détail discret dans l’organisation d’une famille sur l’eau. Pourtant, c’est autour de lui que l’image prend, pour moi, sa profondeur sensible.
Nous y reconnaissons un refuge. Nous y déposons nos souvenirs de protection, notre idée de la douceur, peut-être notre propre désir d’être à l’abri. Cette tendresse appartient au regard humain : je ne prétends pas lire dans le comportement de l’animal les sentiments que nous éprouvons devant lui. Mais cette projection elle-même m’intéresse. Elle dit quelque chose de notre manière d’entrer en relation avec le vivant.
Vu du ciel, ce petit abri de plumes devient paradoxalement très proche. La hauteur permet de voir la famille ; le détail nous invite à nous y attarder.
Cette photographie en était à sa quatrième présentation en compétition. Les trois précédentes n’avaient donné lieu à aucune distinction. Son premier succès prend aujourd’hui la forme d’un trophée d’argent.
Il y a là une leçon de patience, sans doute, mais aussi une invitation à ne pas confondre le silence d’un palmarès avec l’épuisement d’une œuvre. Trois refus n’avaient pas fermé toutes les rencontres possibles.
Sea of Clouds : lorsque la ville devient un conte
Avec Sea of Clouds, je retrouve une recherche poursuivie au fil des matins : les brumes, le givre et la manière dont ils transforment Saintes.

J’aime ce moment où la ville demeure reconnaissable tout en semblant appartenir à un autre monde. Son patrimoine est toujours là, ses reliefs aussi, mais leurs relations se modifient. La brume dissimule des continuités, détache certaines formes, ouvre entre elles des espaces que le regard peut habiter autrement.
Le givre, la brume et la ville composent alors un univers féérique, en décalage avec l’expérience quotidienne des mêmes lieux. Il n’est pas nécessaire de chercher ailleurs le décor d’un conte : certaines lumières suffisent à le faire apparaître au cœur du familier.
Cette recherche avait déjà trouvé une expression dans « Lighthouse of Poetry« , autour du clocher Saint-Pierre, décrit comme un phare dans un paysage de brume. L’œuvre avait notamment reçu une mention honorable aux reFocus Awards 2023, puis un prix du public en paysage aux 1839 Awards 2024. [1839-awards]
Avec « Fog and Arrow« , c’était le clocher de Saint-Eutrope émergeant d’une brume basse et dense qui prolongeait cette exploration. La photographie avait été nommée en minimalisme aux reFocus Awards 2025. [refocus-awards]
« Sea of Clouds » poursuit ce dialogue entre la ville et ce qui, momentanément, la soustrait à notre regard.
La brume ne fait pas que cacher. Elle donne une autre mesure aux choses. Un édifice isolé retrouve une présence ; un fragment de ville devient une île ; un paysage connu s’ouvre à l’imagination.
Déjà récompensée à trois reprises aux EPA 2026, cette photographie reçoit aux Epson Pano Awards son quatrième prix.
Historic District : la brume cède, la poésie demeure
Historic District représente le même paysage que « Sea of Clouds« , sous des conditions différentes.
Le soleil est monté. La lumière s’est réchauffée, les teintes sont devenues plus dorées. La brume, partiellement dissipée, ne s’attarde plus qu’autour du méandre de la Charente.

Ce changement m’intéresse autant que la métamorphose première.
La poésie du paysage ne disparaît pas lorsque la brume se retire. Elle se déplace. Elle quitte les formes enveloppées pour rejoindre les rapports entre la pierre, la lumière et le fleuve. La ville retrouve davantage de contours, sans perdre tout à fait le mystère du matin.
Entre « Sea of Clouds » et « Historic District« , le lieu demeure ; sa manière de nous apparaître change.
Photographier plusieurs fois un même paysage n’est donc pas nécessairement se répéter. C’est parfois apprendre à reconnaître combien il échappe à l’image définitive que nous voudrions en conserver.
Avec son trophée de bronze, « Historic District » reçoit ici sa première récompense.
Trois candidatures, un même territoire
Présenter trois œuvres dans une seule catégorie constituait un choix inhabituel dans ma stratégie de compétition.
D’ordinaire, j’évite de réunir ainsi plusieurs candidatures dans un même espace de comparaison, une même catégorie. Cette fois, j’ai assumé le risque de les voir mises en concurrence les unes avec les autres, en faisant le pari d’une candidature entièrement réalisée au drone.
Ce choix rassemble deux dimensions de mon travail que l’on pourrait croire éloignées : l’attention portée à la vie animale et la recherche poétique dans le paysage urbain.
Elles ont pourtant un point commun. Dans les deux cas, il s’agit de regarder assez attentivement pour qu’un lieu ou un être ne soit plus seulement un sujet identifié, mais le commencement d’une expérience sensible.
Ces trois œuvres ont également en commun d’avoir été réalisées à Saintes. Leur reconnaissance internationale fait ainsi voyager plusieurs visages de la ville : son vivant, son patrimoine, ses paysages et l’environnement qui les relie.
Je suis attaché à cette possibilité de créer depuis un territoire proche, sans considérer que l’éloignement serait une condition de l’émerveillement.
Une année qui change l’équilibre de mon palmarès
Ces trois nouveaux prix portent mon bilan provisoire pour l’année 2026 à 47 distinctions internationales, dont 30 prix.
L’évolution ne tient pas seulement au nombre de distinctions. Elle concerne aussi leur répartition. En 2024, j’avais obtenu 53 distinctions, dont 14 prix ; en 2025, 42 distinctions, dont 13 prix. Avec 30 prix à ce jour, l’année 2026 marque donc un changement important dans l’équilibre de mon palmarès.
Elle accompagne une stratégie davantage orientée vers la conquête de prix, là où les mentions honorables occupaient auparavant une place prépondérante.
Huit compétitions auxquelles je participe doivent encore annoncer leurs résultats. Selon leurs verdicts, le bilan annuel pourrait atteindre 55 à 60 distinctions, et peut-être jusqu’à 35 prix. Ce sont des perspectives, non des acquis : l’année reste ouverte.
Depuis 2021, mon parcours totalise désormais 224 distinctions internationales, dont 63 prix.
| Nature de la distinction | Nombre |
|---|---|
| Nominations | 70 |
| Mentions honorables | 91 |
| Troisièmes prix / trophée de bronze | 12 |
| Deuxièmes prix / trophée d’argent | 14 |
| Premiers prix / trophée d’or | 27 |
| Prix du public | 6 |
| Prix spéciaux | 3 |
| Prix de Photographe de l’année | 1 |
| Total des distinctions | 224 |
| Total des prix | 63 |
Ces nouveaux résultats viennent également actualiser le palmarès sur lequel s’appuie mon appel public à vérification de sept records et statuts. Cette démarche demeure ouverte jusqu’au 5 Novembre 2026 : la progression des chiffres ne vaut pas, à elle seule, validation des positions comparatives revendiquées, mais les conforte.
Revenir au lieu, continuer le regard
Un palmarès conserve des titres, des notes, des places. Il permet de suivre une progression. Mais il ne raconte qu’imparfaitement ce qui donne envie de retourner photographier.
Pour moi, cette envie tient encore à des choses simples et difficiles à épuiser : une famille de cygnes sur l’eau, la brume qui transforme la ville, la lumière qui en révèle un autre visage lorsqu’elle se retire.
À Saintes, je retrouve ces possibilités sans jamais les retrouver tout à fait semblables.
Ces trois récompenses m’encouragent à poursuivre ce travail. À revenir vers les mêmes lieux sans leur demander les mêmes images. À laisser au paysage sa faculté de surprendre, et au vivant sa part d’altérité.
Prendre de la hauteur, puis découvrir, dans l’étendue, ce qui nous touche de près.






Vous devez être connecté pour poster un commentaire.